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  Les barotraumatismes ORL représentent 80 % de la pathologie de la plongée.
Après une interdiction temporaire, la récupération est heureusement la plus souvent la règle.
Dans le cas de barotraumatismes plus grave, il faut mettre en balance le légitime désir de replonger avec le risque de séquelles invalidantes.


 
Petit Lexique avant de commencer :
Endoscopie : Examen des fosses nasales au moyen de fibres optiques. Il est pratiqué au cours de la consultation et ne nécessite qu’une anesthésie locale.

Tympanométrie : Étude de l’élasticité du tympan, en réponse à des variations de pression.

Paracentèse : Incision faite dans le tympan pour évacuer un épanchement sanguin ou séreux. Ses indications sont limitées chez le plongeur, car elle fragilise le tympan.
 
 
Barotraumatisme sinusiens : Chercher le coupable

        Ils sont peu fréquents, mais perturbent le bon déroulement, voir la sécurité de la plongée, par les vives douleurs qu’ils occasionnent et leur retentissement sur la fonction tubaire. Ils surviennent la plupart du temps sur une pathologie préexistante. C’est dire l’importance, après traitement du barotraumatisme aigu, de recherche la cause de l’obstruction de l’ostium sinusien, raisons mécaniques (déviation de cloison, polype, hypertrophie d’un cornet) ou fragilité du terrain (sinusite chronique, allergie naso-sinusienne). Après une endoscopie classique, le bilan nécessite, selon les cas, des examens complémentaires, radiologie, scanner, bilan allergologiste.
 
         Il existe toute une gamme de thérapeutiques médicales ou chirurgicales. Leur indication dépend bien sûr de la pathologie, respectant une progression de manière à commencer par les traitements les moins traumatisants possibles, mais aussi de la motivation du plongeur et de la possibilité de retrouver l’aptitude à la plongée. Les résultats sont bons, et l’autorisation de replonger est accordée après vérification de l’aspect endoscopique et radiologique.

Barotraumatisme de l’oreille, (ré)apprenez à équilibrer
 
         Après traitements d’un barotraumatisme de l’oreille moyenne, la reprise de la plongée n’est permise qu’après normalisation de l’aspect du tympan et de sa mobilité. L’idéal serait de ne l’autoriser qu’après vérification de l’audition et tympanométrie (obligatoire, en revanche, après paracentèse). Cela est rarement réalisé en pratique, vu l’impatience des plongeurs, mais il ne faut jamais replonger tant que les manœuvres d’équilibre ne passent pas parfaitement. Ni tenter de les passer en force, sous peine d’aggraver son BT. Et ne pas oublier que les barotraumatismes ne surviennent pas à grande profondeur, mais entre 3 et 10 m !
 
         La perforation tympanique contre-indique non seulement la plongée, mais tout contact de l’eau avec l’oreille, avant d’avoir la certitude que le tympan est fermé et qu’il est capable de résister à une augmentation de pression. La cicatrisation se fait souvent spontanément, dans des délais variables. Sinon, il faut recouvrir à une greffe tympanique. Dans ce cas, pas de plongée avant d’avoir vérifié la prise parfaite de la greffe, le délai de 6 mois paraissant raisonnable.
 
         Il était classique d’interdire la plongée après un barotraumatisme de l’oreille interne, dix fois moins fréquent, mais redoutable par le risque de séquelles définitives (surdité, acouphènes ou vertiges). On considère à juste titre que l’oreille traumatisée est fragilisée et donc plus exposée à un nouvel accident. Cette attitude a été quelques peu tempérée en fonction de l’existence ou non de séquelles.
 
         En l’absence de séquelles, la plongée est autorisée après six mois, uniquement si les examens complémentaires ont vérifié l’absence d’atteintes du vestibule (organes de l’équilibre), muettes cliniquement, mais susceptibles de se manifester de manière imprévisible (le contact de l’oreille avec l’eau froide suffit à déclencher des vertiges).
 
         En cas de vertiges persistants, l’inaptitude est définitive, vu le danger que représenterait la survenue de vertiges en milieu subaquatique. De même, une surdité contre-indique la reprise de la plongée en cas d’atteinte majeure sur une oreille ou de perte supérieure à 30% bilatérale. En cas de récidive, le plongeur se retrouverait avec une surdité quasi totale. Les fistules péri-lymphatiques résultent d’une rupture de la fenêtre ronde ou ovale, avec fuite des liquides lymphatiques de l’oreille interne. Elles interdisent définitivement la plongée aussi bien en apnée qu’en scaphandre autonome, et ce même si le “colmatage” chirurgical de la brèche a donné de bons résultats.
 
         Les BT de l’oreille interne sont des accidents sévères qui nécessitent l’avis d’un médecin fédéral visé par la commission médicale régionale avant d’autoriser la reprise de la plongée.

        

En hiver, révision générale  
 
         Il ne suffit pas de traiter l’épisode aigu, il faut en rechercher l’origine. Le BT peut être dû à une erreur technique comme un manœuvre de Valsalva trop tardive ou trop violente. Pensez à équilibrer les pressions à temps en douceur, et entraîner-vous à la béance tubaire volontaire (BTV).
 
         Le BT peut être l’expression d’un dysperméabilité sinusienne ou tubaire. Profitez de la saison d’hiver pour faire le point afin de prévenir les accidents ultérieurs. Ce qui suppose de ne pas attendre le dernier moment pour l’examen d’aptitude, sans oublier de mentionner les problèmes survenus pour orienter au mieux le bilan médical.

Le certificat d’aptitude n’est pas un certificat de garanti
 
         L’examen annuel n’est que le reflet d’un instantané de l’état de santé et non une assurance tous risques. La survenue d’un accident ou accident de plongée en cours d’année, susceptible de remettre en cause l’aptitude à la plongée, doit faire l’objet d’un nouvel examen médical. Cette aptitude est à réinterpréter aussi en fonction des événements de la vie “quotidienne”.
         Les affections intercurrentes, infections aiguës en particuliers  (bronchites, rhinites, sinusites, otites, etc.) ou toute autre modification de l’état général doivent amener à réévaluer l’adaptation de son organisme à la plongée.

 

Mentions Légales
Dernière Mise à Jour le 18-05-2012